Le shoegazing

Apparu dans les années 80, le shoe gazing est un courant musical qui appartient au post-rock et qui porte la philosophie bruitiste dans leur approche de la musique. La mélodie et le Bruitisme sont mis en avant; shoegazing fait référence au fait de contempler de manière absente ses pieds et fait donc état de la mélancolie présente dans la musique de ce courant. Les effets électriques de la guitare sont utilisés avec profusion et des enregistrements sont parfois présents dans les chansons. Le groupe Velvet Underground ou encore My Bloody Valentine en sont des grands représentants du mouvement.

Le disque microsillon et le scratching

Avant l’invention du disque microsillon, plus connu sous le nom de disques vinyle, seul le rouleau d’Edison et le disque plat d’Emile Berliner qui le remplaça servaient de matériel d’enregistrement. Mais le disque en polychlorure de vinyle tel qu’on le connait est apparu aux Etats-Unis en 1946. Grace à une tête de lecture, le disque retransmet dans une haut parleur l’information qui constitue la musique sur les deux faces du vinyle. Le disque tourne et la musique joue.

La musique accélère ou décélère donc si on influe sur la vitesse de rotation du disque. Les artistes qui sont toujours prompt à l’exploration et à l’exploitation d’un objet n’ont pas tardé à faire de cette activité une discipline musicale à part qui s’appelle le scratching. Le DJ Grandmaster Flash a développé cette technique et Herbie Hancock l’a popularisé dans sa chanson Rock It. Cette technique est la plupart du temps utilisée avec la platine d’un dj.

 

Foley Room-Amon Tobin

Dans la lignée des musiciens électroniques d’avant-garde actuels, il est difficile d’ignorer Amon Tobin, un artiste brésilien connu dans la sphère de la musique électronique. Ayant grandi essentiellement en Grande-Bretagne et un peu partout dans le monde, son entrée dans le monde de la musique s’est faite remarquée: Tobin utilise en effet uniquement des "samples" pour faire sa musique, et c’est devenu en quelque une de ses marques de fabrique par la suite.

Cependant le musicien poussera son envie d’expérimenter jusqu’à intégrer des bruits enregistrés dans l’environnement et la nature dans la musique qu’il fait, cependant en cherchant toujours l’insolite ou l’inhabituel: le passage d’un train, le rugissement d’un lion, les bruits de pas d’une fourmi marchant sur de l’aluminium. Il parlera d’une "tentative d’intégrer des bruits non-musicaux dans de la musique" et cette tentative semblant être anime par une philosophie très proche du bruitisme donnera en 2007 l’album "Foley Room" qui eu un franc succès dans la carrière de l’artiste.

Sons du temps

L’ introduction des machines industrielles et des objets mécaniques comme les instruments dans la pratique musicale est l’une des principales contributions des bruitistes à l’histoire de la musique contemporaine car ils ouvrent une nouvelle voie dans le champ de production de son.

A partir de ce moment- là, ces sons froids, étranges de l’industriel ne sont plus juste les bruits insensés mais une partie essentielle de la musique pour exprimer l’émotion et renforcer le style.

Tant de styles de musique contemporaines peuvent trouver leurs origines chez cet esprit du bruitisme et comme John Cage le disait, "everything we do is music".
Du space rock dans les années 60, aux shoegazing du début de 90s jusqu’à la musique électronique à la mode, dans cette évolution d’instruments, la simple composition d’objets est transformée en équipement très complexe comme la pédale d’effet, le midi controler qui permettent une très riche variété de son.

Une table de mixage de DJ avec laquelle on peut produire facilement des effets.

John Cage, prépare un piano pour avoir un son particulier.

Les années 70

On peut attribuer l’essor et l’insertion définitive de la philosophie bruitiste dans le monde de la musique tel qu’on le connait à deux mouvement musicaux importants:

La musique industrielle qui naît au courant des années 70 s’inspire énormément de L’Art des Bruits de Luigi Russolo ;  ce mouvement reprend l’utilisation d’une musique non-instrumentale, dans le sens ou l’on ira à la recherche de sons en dehors des instruments "conventionnels" : des bruits de machine, des bruits d’usine, etc.

Le groupe Throbbing Gristle a lancé ce mouvement. Selon leurs propre dires, ils voulaient faire une musique agressive qui retranscrivait bien l’univers de l’industriel ou "de la musique industrielle pour des gens industriels."

Le rock , avec l’avènement du mouvement punk, a tiré des notions du Bruitisme italien. Le rocker Lou Reed du groupe Velvet Underground sorti en 1975 un album nomme Metal Music Machine. L’album surprit tout le monde ;  la musicalité dans l’album semble absente. On ne sait pas si Lou Reed a fait cela à l’époque pour s’éloigner volontairement de son label ou dans l’optique d’une réelle expérimentation musicale. Toujours est-il que l’album annonce un esprit musical qui influera sur la musique rock à venir, et que l’on retrouvera dans le mouvement Punk et le Noise Rock.